LE MINISTRE DU PETROLE RASSURE LES PECHEURS

Le ministre du Pétrole et des Energies Sophie GLADIMA a réaffirmé ce samedi 14 Aout à Joal, la volonté du gouvernement d’engager un dialogue ’’sincère et direct avec communautés vivant dans les zones d’emprise des projets pétro-gaziers « , en vue d’amener les citoyens sénégalais et toutes les parties prenantes à s’approprier ces projets. C’était au cours d’un forum d’échanges avec les acteurs de la pêche sur les défis environnementaux et le développement durable dans le cadre de l’exploitation du pétrole
et du gaz de Sangomar.

Ce forum à la base, premier du genre, fait suite aux différents comités régionaux de développement (CRD) organisés avec les gouverneurs des régions de Fatick, Thiès et Saint Louis. Cette démarche de proximité sera d’ailleurs poursuivie avec la tenue prochaine d’autres rencontres, dans le même format à Saint Louis, Kayar et dans les iles du Saloum. A travers ces rencontres, « nous voulons donc installer un dialogue franc, sincère et direct avec les communautés locales, particulièrement avec les pêcheurs qui peuvent légitimement nourrir des inquiétudes quant à la poursuite de leurs activités quand la phase d’exploitation va démarrer. D’emblée nous voulons vous rassurer, car l’Etat et les compagnies opératrices sont en train de tout mettre en œuvre pour minorer et atténuer les impacts négatifs de l’exploitation sur l’activité et la vie quotidienne des communautés et sur la biodiversité » a indiqué Mme le ministre du pétrole et des énergies. Malgré ces assurances, les acteurs de la pêche ont tenu à faire part de leurs inquiétudes par rapport au développement du projet. Ils ont notamment évoqué les risques de pollution marine, d’accident, de perte de biodiversité, et toutes les autres formes de menace qui pèsent sur leurs activités.

Selon Mme Aissatou Sophie GLADIMA « toutes ces préoccupations des acteurs de la pêche ont été prises en compte, maintenant ce qu’il faut, c’est de les satisfaire au fur et à
mesure. En plus ils veulent avoir des formations pour leurs enfants, parce qu’ils sont conscients qu’il faut changer de métier, pas pour eux, mais pour leurs enfants, car ces derniers ne vont pas suivre les pas de leurs pères dans ce métier. Maintenant, ils veulent que leurs enfants fassent des métiers liés au pétrole et au gaz et sur cela nous allons les accompagner».

Ce forum a été aussi l’occasion de discuter de contenu local afin d’identifier les opportunités que le projet Sangomar offre en termes de création d’emplois, de profit à tirer de l’industrie pétrolière et gazière. Il s’agit là de mettre en œuvre la vision de son Excellence Monsieur Macky SALL, Président de la République, qui a fait inscrire dans la Constitution de mars 2016 que « les ressources naturelles appartiennent au peuple. Elles sont utilisées pour l’amélioration de ses conditions de vie ». Le président souhaite ainsi que l’exploitation des ressources naturelles génère une croissance économique profitable à toutes les populations, particulièrement à notre jeunesse, l’avenir de ce pays sans compromettre les activités existantes comme la pêche.

Le premier baril attendu en 2023
Le groupe Woodside Sénégal, en tant qu’opérateur, avec son partenaire, la Société des pétroles
du Sénégal (Petrosen), dans la joint-venture Rufisque offshore Sangomar offshore et Sangomar deep offshore (Rssd), a démarré, au troisième trimestre, la campagne de forage des puits de la Phase 1 du développement du champ pétrolier Sangomar.

Le premier baril de pétrole est attendu en 2023, avec une projection de 100 mille barils par
jour dans la première phase d’exploitation, selon Monsieur Cheikh GUEYE, le Directeur-adjoint pays de Woodside-Energy au Sénégal, qui prenait part à ce Forum avec les acteurs de la pêche. Il a assuré que les opportunités pour les populations sénégalaises dans cette phase
d’exploitation du pétrole sont réelles et sont de plusieurs types. «En tenant compte du contenu local, nous travaillons à optimiser la part des entreprises sénégalaises, des Sénégalais, d’une
manière générale. Cette partie porte, non seulement sur la fourniture de biens et services par des entreprises locales, mais également sur l’emploi des Sénégalais, le renforcement de leurs
capacités et des institutions publiques sénégalaises dans les domaines pétrolier et gazier», a annoncé M. Guèye. En plus de cela, Woodside compte travailler dans le cadre de la
Responsabilité sociétale d’entreprise (Rse) en vue d’accompagner les communautés hôtes du
projet avec les Ong Westland international pour la région de Fatick et Panafricare pour les régions de Thiès et Dakar.

Ces programmes vont porter sur le renforcement des capacités des communautés de pêcheurs,
avec surtout l’objectif de préserver l’environnement avec la revitalisation de la mangrove. D’ailleurs, avant même de prendre la décision finale d’investissement, les responsables de l’entreprise pétrolière disent avoir réalisé une étude d’impact environnemental et social de plus d’environ 800 pages, qui a duré un an, pour chercher à identifier les potentiels impacts de ce
projet sur l’environnement et les activités des pêcheurs.

Le premier forum à la base avec les acteurs de la pêche a vu la participation de l’adjoint au Préfet de Mbour, du maire de Joal-Fadiouth, mais également des parties prenantes gouvernementales comme le Ministère de l’Environnement et du Développement Durable, l’HASSMAR, les chefs de service départementaux de la pêche, etc.