Le ministre du pétrole et des énergies promet le soutien de l’Etat

Le ministre du pétrole et des énergies Mme Aissatou Sophie GLADIMA a tenu une série de rencontres avec les acteurs du secteur pétrolier suite aux violentes manifestations qui ont occasionné le saccage de plus de 70 stations-services à Dakar et dans les régions du pays. Elle a reçu tour à tour le Groupement des producteurs pétroliers et l’association des gérants de stations. C’est le building administratif Mamadou DIA qui a été le cadre d’accueil de ces échanges le mercredi 10 et le jeudi 11 Mars 2021.

Face aux représentants de ces deux entités,  le ministre a déploré le grave préjudice causé par les casseurs. Elle a aussi manifesté la compassion du gouvernement avant de rassurer les acteurs en leur indiquant que « l’Etat sera à leur côté pour aider à la relance de l’activité ». Mais Mme le ministre les a invités d’abord « à faire un état de lieux par une évaluation exhaustive des dégâts enregistrés ». Ainsi elle s’engage à présenter la situation au chef de l’état qui ne manquera certainement pas de faire un geste à l’endroit des acteurs impactés. D’ailleurs le ministre a rappelé que l’Etat doit de l’argent aux acteurs. Une enveloppe de près de 45 milliards de francs CFA et un premier geste de l’état pourrait consister au décaissement de tout ou partie de cette somme pour les aider à se relancer rapidement.

Par ailleurs le ministre s’est réjoui de l’engagement pris par les acteurs « à tout faire pour éviter une pénurie de carburant ou de gaz ». Mme Sophie GLADIMA a loué la solidarité qui existe entre ces acteurs économiques et leur patriotisme. Des acteurs qui ont pris le risque d’investir dans leur pays pendant que d’autres ont choisi les voies de l’immigration. C’est pourquoi elle a tenu à lever la confusion ayant fait croire que les stations attaquées sont des biens étrangers. Il n’en est rien selon le ministre puisque « toutes les stations appartiennent à des sénégalais et emploient chacune plus de 30 personnes ».

Le Groupement des Producteurs de Pétrole et l’association des gérants de station se sont tous réjouis de la promptitude de la réaction de l’Etat à travers le ministère du pétrole et des énergies. Ils ont également insisté sur le nécessaire soutien du gouvernement d’autant plus que les compagnies d’assurance ne prennent pas en compte ce type de sinistre. S’y ajoute que le Covid 19 avait déjà lourdement impacté le secteur. A titre d’exemple, les gérants de stations disent avoir « perdu près de 50 pour cent de leur chiffre d’affaires durant le premier semestre de l’année dernière. Cette année pour le moment les pertes sont de l’ordre de 20 pour cent », a informé Abdou Khadir MBODJI, De Vivo (ex Shell).

Renforcer la sensibilisation pour éviter de pareilles situations

Pour l’avenir, les acteurs invitent l’état à plus de prévention et d’anticipation pour que pareils dégâts ne se reproduisent plus, même s’ils sont conscients qu’il est impossible de déployer des forces de l’ordre au niveau de toutes les stations. C’est pourquoi d’autres pistes doivent être explorées notamment l’implication des populations vivant aux alentours des stations pour aider à sécuriser les sites en cas de besoin. D’ailleurs durant les manifestations, si certaines stations ont échappé à la furie, c’est grâce à la détermination des populations riveraines qui ont fait face et ont réussi à dissuader les casseurs.

La sensibilisation est aussi un levier à actionner selon les pétroliers « pour faire comprendre à tous que les stations sont sénégalaises et non étrangères. Mais  ensuite que les sites contiennent des produits dangereux et hautement inflammables pour que plus personne ne s’amuse à y mettre le feu ». Tous ont d’ailleurs remercié le ciel puisque « si une ou plusieurs cuves à essence avaient pris feu à l’occasion de ces casses, les dégâts seraient incommensurables ».