Renforcer le mix énergétique vert en attendant l’arrivée du gaz.
Les Ministres Serigne Mbaye THIAM, en charge de l’Eau et de l’Assainissement et par ailleurs Président du Conseil des Ministres de l’Organisation pour la Mise en Valeur du fleuve Sénégal (OMVS) et Mme Aissatou Sophie GLADIMA, en charge du Pétrole et des Energies, ont visité du 10 au 11 avril 2021 les ouvrages hydroélectriques de Félou, Gouina et Manantali. Ils étaient accompagnés par le Ministre malien de l’Energie, de l’Eau et des Mines M. Seydou Lamine TOURE, du Haut-Commissaire de l’OMVS Hamed Diane SEMEGA, d’une importante délégation de l’OMVS et de la presse. Une occasion saisie par les officiels pour magnifier la vision stratégique des pères fondateurs de l’organisation et des actions entreprises par les chefs d’Etat en exercice.
Le Ministre Serigne Mbaye THIAM, Président du Conseil des Ministres de l’OMVS, a jugé la visite très instructive. « L’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal, constituée de la Guinée, du Mali, de la Mauritanie et du Sénégal, veut faire en sorte que l’eau que partagent ses Etats membres ne soit pas une source de conflits, mais de coopération, de paix et de diplomatie », a souligné M. THIAM.

Il a rappelé que nos pays croient plus à leur développement, raison pour laquelle ils mutualisent leurs moyens pour aller de l’avant. Pour le Président du Conseil des Ministres de l’OMVS, cette visite s’imposait également pour répondre aux orientations du Conseil des Ministres qui avait jugé urgent de mener des travaux de maintenance de l’ouvrage, qui « permettront de sécuriser et le barrage et la centrale hydroélectrique, mais aussi d’assurer la continuité de l’alimentation des pays membres de l’OMVS », a expliqué le Ministre à la fin de la visite.
Ce que les deux sociétés en charge de la gestion (SOGEM) et l’exploitation (SEMAF) de Manantali sont en train de réaliser.
La Ministre du Pétrole et des Energies du Sénégal Mme Aissatou Sophie GLADIMA, saluera pour sa part la clairvoyance des pères fondateurs de l’OMVS, qui ont su mettre en avant une synergie sous régionale pour exploiter notre potentiel hydroélectrique. « On parle d’énergie verte ; je pense que la synergie sous régionale mise en place pour exploiter le potentiel hydroélectrique est à saluer surtout que cette énergie verte est moins chère », dira Mme GLADIMA ». Elle ajoutera que « le futur mix énergétique sera celui de l’hydroélectricité, des énergies renouvelables et du gaz naturel », en faisant allusion à l’exploitation prochaine du gaz de GTA par la Mauritanie et le Sénégal, qui pourrait être vendu dans le marché sous régional.
« Avec la découverte du gaz que nous partageons avec la Mauritanie, nous pensons qu’en injectant également cette énergie, le coût va encore être réduit et pouvoir être vendu dans la sous-région », a-t-elle estimé.

L’Eau, source de coopération, de paix et de diplomatie.
Pour rappel, l’OMVS a été créée en 1972 pour valoriser le potentiel hydroélectrique de la sous-région et éviter ainsi que l’eau soit source de conflit. Au départ, avec la construction du barrage de Manantali, les ouvrages étaient plus destinés à booster le potentiel agricole des pays membres. A l’arrivée, l’énergie a pris le dessus avec notamment les changements climatiques et la nécessité de produire davantage une énergie verte, mais également et surtout, de produire une énergie pour satisfaire les populations, notamment rurales, grâce à l’électrification de plusieurs centaines de localités dans les trois pays. Plus de 200 villages ont été électrifiés ces dernières années sur financement de l’OMVS.

La délégation ministérielle a visité respectivement le poste de haute tension de Kayes d’où partent les différents départs alimentant les trois pays, suivant leurs quotas, le barrage hydroélectrique de Félou d’une capacité de 60MW, le barrage en construction de Gouina qui aura une capacité de production de 140 MW et du premier barrage de l’OMVS, à Manantali, mis en service depuis 2002.
La centrale hydroélectrique de Gouina, dont les travaux sont en cours, va coûter 283,5 milliards de franc CFA. Elle se situe entre les barrages de Manantali et de Félou et connait un taux d’exécution de 80%. Le premier groupe sera livré en juin 2021 et la totalité de la centrale en septembre 2021.